En 2013, Myriam devient membre de l'association nantaise Les Anneaux de la Mémoire. Elle rencontre alors Yvon Chotard, son président fondateur. Entre devoir de mémoire et exposition internationale, retour sur l'histoire de cette incroyable aventure humaine.

 

Quelques repères

  • Au 18è siècle, Nantes est l’un des principaux ports négriers de France.

  • Entre 1992 et 1994, une exposition internationale accueille 400 000 visiteurs au château des ducs de Bretagne de Nantes.

  • Le nom de l’exposition deviendra celui de l’association. Son objectif sera de mieux faire connaître au public l’histoire de la traite négrière, l’esclavage et leurs conséquences actuelles. 

 

Yvon Chotard

 

La naissance des Anneaux de la Mémoire

 

Yvon Chotard a fêté ces 70 ans cet été. Originaire de Saint-Nazaire, le président de l’association les Anneaux de la Mémoire est arrivé à Nantes il y a 50 ans, pour faire des études de droit et de lettres.

 

Une lecture, puis d’autres, suscitent l’intérêt de l’avocat pour Carl Gustav Jung. Le père de la psychanalyse jungienne, à qui l’on doit, entre autres, le concept d’inconscient collectif, considère la politique à partir de la psychologie des profondeurs. « En reconnaissant l'universalité du fonctionnement de la psyché, Jung a passé sa vie à construire une psychologie dépassant et intégrant tous les dogmes, les cultures et les pays. A mon échelle, je me suis dit que si je voulais faire de la politique, même locale, j’avais envie de reprendre le fil de l’histoire de la ville de Nantes, en souligner les traits essentiels, repérer les blessures que l’histoire a laissé et les manques liés à ses blessures », explique Yvon.

 

La Révolution, les guerres de Vendée et la traite atlantique sont les trois événements collectifs traumatisants essentiels dans l’histoire de Nantes. « Un ami historien nantais, Jean Breteau, qui deviendra par la suite membre fondateur de l’association des Anneaux, m’encourage à creuser l’histoire de la traite. Je ne connaissais pas bien cette histoire, j’ai été surpris d’en découvrir l’importance. Quelques mois avant les élections municipales, j’ai diffusé un texte intitulé « La leçon posthume des négriers nantais » (à lire ici en pdf). Yvon Chotard est repéré et pris dans l’équipe de Jean-Marc Ayrault. « En réalité, je n’ai pas été choisi pour mon texte mais parce que j’étais avocat et que je défendais pas mal de syndicats, notamment FO. »

 

Yvon Chotard bibliothèque

 

Nommé conseiller municipal subdélégué au tourisme, l’avocat crée un groupe de travail extra municipal qu’il nomme Nantes-Afrique-Amérique. Le groupe propose dans la foulée l’exposition Anneaux de la Mémoire, à l’occasion du 5e Centenaire de découverte de l’Amérique. 

 

La suite, toute le monde la connaît. A partir de cette exposition est créée l’association homonyme.

 

Mr le Président…

 

1. Comment envisages-tu l’avenir de l’association ?

Tourné vers l’international. Nous avons un réseau de 2000 membres actifs à travers le monde. 

 

2. La réalisation dont tu es le plus fier ?

La durée de vie des Anneaux de la Mémoire. Nous n’avons jamais interrompu nos activités qui continuent de se développer, à travers des programmes comme Tostem ou Loire des lumières. L’association a failli péricliter à plusieurs reprises, notamment lorsque la ville a décider de supprimer nos subventions, mais nous ne nous sommes pas laissés faire. L’esprit d’équipe a été capital pour nous maintenir en vie.

 

3. Comment trouves-tu de la ressource dans un moment de difficulté ?

La dimension collective est importante même lorsque l’on est individuellement touché par un souci de l’existence. Il est important de se dire que l’on ne vit pas seul, qu’on ne peut pas mener sa barque en solo. Nous faisons partie d’un tout. Cette réflexion jungienne me donne de la force dans les moments d’adversité, elle me paraît essentielle dans la construction du présent et de l’avenir.

 

4. Quel conseil donnerais-tu à une personne qui souhaiterait se lancer dans un projet audacieux ?

Prendre un papier-crayon et se demander : qu’est-ce que je veux exactement ? Pourquoi ? Comment faire pour y arriver ? Bien réfléchir seul et se faire un plan de bataille. Rapidement arrivera la nécessité d’inviter autour de table l’ensemble des parties prenantes qui, de près ou de loin, sont concernées ou s’intéressent au sujet.

Sans perdre de vue sa propre énergie individuelle, il me paraît nécessaire de se soutenir, de s’associer, de se compléter. Il est indispensable d’aimer ce que l’on fait et les gens avec lesquels on travaille lorsque l’on veut mener un projet à bien.

 

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